Les Cupra électriques trouvent leur public. Pourtant, en 2025, leur essor s’est accompagné d’une chute spectaculaire du bénéfice de l’ensemble Seat-Cupra. Entre les taxes frappant le Tavascan et les dépenses nécessaires pour transformer les usines, le constructeur a payé cher son accélération. Les comptes du premier semestre 2026 montrent toutefois une amélioration.
Des ventes record, un bénéfice presque effacé
Cupra a livré 328 800 voitures en 2025, soit 32,5 % de plus qu’un an auparavant. La progression est encore plus forte pour ses modèles 100 % électriques. Les Born et Tavascan ont totalisé 79 700 livraisons, en hausse de 65,9 %. Ils représentent près d’une Cupra vendue sur quatre.
Selon les résultats publiés par Volkswagen, le bénéfice d’exploitation de Seat-Cupra est passé de 633 millions d’euros en 2024 à seulement 1 million en 2025. Le chiffre d’affaires a pourtant atteint un record de 15,3 milliards d’euros.
Ces chiffres regroupent les deux marques. Ils ne permettent donc pas d’isoler les profits de Cupra, même si celle-ci tire la croissance commerciale de l’entreprise.
Le Tavascan rattrapé par sa fabrication chinoise
Volkswagen cite la place croissante des électriques dans les ventes parmi les facteurs ayant pesé sur la rentabilité en 2025. La concurrence sur ces modèles complique aussi la défense des marges.
Le Tavascan illustre une difficulté très concrète. Ce SUV électrique de marque espagnole est fabriqué en Chine, dans l’usine Volkswagen d’Anhui. À son arrivée dans l’Union européenne, il a donc été concerné par les mesures visant les voitures électriques produites en Chine.
La surtaxe compensatoire atteignait 20,7 %. Elle renchérissait l’importation de chaque véhicule, même si Cupra appartient à un groupe européen. Pour le constructeur, répercuter ce coût sur le prix de vente risquait de décourager les acheteurs. L’absorber réduisait les marges.
Des usines à transformer
Seat-Cupra finance en parallèle la conversion de son outil industriel. En 2025, l’entreprise a consacré 1,3 milliard d’euros aux investissements et à la recherche et développement. À Martorell, près de Barcelone, une ligne de production a notamment été arrêtée temporairement pour préparer la fabrication de petites voitures électriques.
Ces dépenses mobilisent de la trésorerie avant que les nouveaux modèles ne rapportent. Les coûts de lancement des projets pèsent également sur les résultats. Il faut donc financer la transition tout en restant compétitif sur les voitures déjà en vente.
La Raval, produite à Martorell, doit contribuer à rentabiliser cette transformation. En octobre 2026, Cupra annonçait déjà plus de 50 000 commandes pour sa citadine électrique depuis son lancement en avril. Un début encourageant, dont il reste à mesurer la contribution aux bénéfices.
Les comptes se redressent en 2026
La situation a commencé à s’améliorer. Au premier semestre 2026, Seat-Cupra a dégagé 122 millions d’euros de bénéfice d’exploitation, contre 38 millions sur la même période de 2025. La marge opérationnelle atteint 1,6 %, soit environ 1,60 euro de résultat d’exploitation pour 100 euros de chiffre d’affaires.
Les ventes d’électriques ont pourtant continué à progresser chez Cupra, de 7,2 % sur le semestre. L’entreprise commence donc à améliorer ses résultats tout en poursuivant son électrification.
La maîtrise des coûts explique une partie de ce rebond. Le Tavascan bénéficie aussi, depuis février 2026, d’une exemption de la surtaxe européenne sous conditions. L’accord impose notamment un prix minimal à l’importation et un plafonnement des volumes. Il ne supprime pas tous les droits de douane.
Cupra compte désormais sur la Raval pour améliorer ces résultats. Les prochains comptes permettront de voir si les livraisons de la citadine font aussi progresser les marges.

