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Tesla dévoile la Roadster et elle ne se contente plus de rouler

Neuf ans après son annonce, la Tesla Roadster se dévoile enfin avec une démonstration spectaculaire. Mais entre prouesses techniques et promesses démesurées, Tesla peut-il vraiment tenir parole ?

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Il aura fallu près de neuf ans pour revoir la Tesla Roadster sur scène. Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026, Elon Musk a finalement dévoilé sa nouvelle supercar électrique sur le site d'essais de SpaceX, au Texas. Et pour faire oublier les années de retard, Tesla n'a pas fait les choses à moitié : la voiture a roulé à l'envers, effectué des figures dans les airs et signé un 0 à 97 km/h en moins d'une seconde.

Une présentation complètement folle

Tesla avait promis une démonstration hors du commun. Pour une fois, difficile de reprocher à Elon Musk d'avoir exagéré sur ce point.

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Sur le site de McGregor, habituellement réservé aux essais de moteurs de fusées de SpaceX, le constructeur a installé une gigantesque rampe incurvée. Le nouveau Roadster, habillé de blanc, s'y est engagé avant de poursuivre sa progression jusqu'à se retrouver complètement à l'envers, plusieurs mètres au-dessus du sol.

Le plus impressionnant est arrivé ensuite. La voiture a quitté la rampe, effectué une rotation dans les airs et retrouvé ses roues avant de se poser sur le bitume.

Tesla a poursuivi la démonstration avec un Roadster survolant une rangée de véhicules de la marque, dont le Cybertruck et le Semi. Une nouvelle figure aérienne qui aurait davantage sa place dans un film de science-fiction que dans une présentation automobile.

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Toutes ces cascades ont été réalisées sans conducteur à bord. La démonstration reste néanmoins spectaculaire, d'autant qu'elle reposait sur un véritable véhicule et non sur une simple animation.

Comment faire voler une voiture électrique ?

Le secret ne se trouve pas dans les moteurs électriques du Roadster, mais dans une technologie développée avec SpaceX.

La voiture dispose d'un système de ventilateurs capables d'aspirer l'air sous son plancher. Cette dépression plaque le véhicule contre le sol et augmente considérablement son adhérence, même à faible vitesse.

Tesla annonce une force d'aspiration pouvant atteindre l'équivalent de deux fois la gravité terrestre. Suffisamment, en théorie, pour maintenir la voiture contre une surface alors qu'elle se trouve complètement à l'envers.

Pour quitter le sol, la Roadster utilise un autre dispositif : des propulseurs à gaz froid. De l'air ou du gaz comprimé à très haute pression est expulsé à travers des buses orientées dans différentes directions. La poussée obtenue permet d'accélérer la voiture ou de modifier sa trajectoire lorsqu'elle est dans les airs.

Le système présenté comprend notamment dix propulseurs, alimentés par des réservoirs à haute pression. Contrairement à une fusée traditionnelle, aucun carburant n'est brûlé pour produire cette poussée.

Il ne faut toutefois pas imaginer la Roadster traverser les airs comme un avion. Les démonstrations ont montré des bonds et des déplacements aériens de courte durée. Cela reste une prouesse technique étonnante pour un véhicule de ce type.

Un 0 à 97 km/h en seulement 0,81 seconde

Les performances annoncées sont tout aussi démesurées.

Pendant la présentation, Tesla a affiché un 0 à 60 mph (0-97 km/h) réalisé en 0,81 seconde. Une accélération assistée par les propulseurs, qui viennent compléter le travail des moteurs électriques.

Pour mesurer l'exploit, une Tesla Model S Plaid demande environ deux secondes pour atteindre cette vitesse. Et les hypercars électriques les plus rapides, comme la Rimac Nevera, ont déjà repoussé les limites de l'accélération, mais sans bénéficier d'une poussée supplémentaire par air comprimé.

La nouvelle Roadster entend aller encore plus loin. Tesla évoque un objectif inférieur à 0,59 seconde pour sa configuration la plus extrême, ce qui pose question sur la capacité du pilote à encaisser une telle accélération à 4,8G.

La vitesse maximale annoncée dépasse quant à elle les 370 km/h. Elon Musk a même évoqué la possibilité d'approcher la moitié de la vitesse du son, soit une vitesse nettement supérieure. Ce dernier chiffre relève toutefois davantage de l'ambition que d'une performance démontrée.

Trois versions, dont une réservée à une poignée de clients

Toutes les Roadster ne pourront pas reproduire les acrobaties vues pendant la présentation.

La gamme commencera par la Roadster Performance, une sportive électrique à deux places équipée du système d'aspiration et d'une aérodynamique active. Sans les propulseurs additionnels, Tesla lui promet déjà un 0 à 97 km/h en moins de 1,6 seconde.

La Roadster Thrust ajoutera des propulseurs à l'arrière pour améliorer encore les accélérations. Cette version, produite en quantité limitée, vise moins de 0,9 seconde sur le même exercice.

Enfin, la Roadster Rocket représente l'aboutissement du projet. Elle abandonne le siège passager et reçoit un ensemble complet de propulseurs permettant de décoller brièvement, de pivoter en plein vol et de réaliser les figures montrées au Texas.

Cette dernière configuration sera uniquement proposée sur invitation. Elle n'est pas homologuée pour circuler sur la voie publique.

De quoi relativiser le caractère révolutionnaire de la démonstration. La voiture capable des cascades les plus impressionnantes ne sera pas celle que ses propriétaires pourront emmener librement sur route. Et heureusement ?

Une nouvelle voiture, bien différente du concept de 2017

Au-delà des prouesses techniques, cette présentation a permis de découvrir une Roadster entièrement redessinée.

Le concept rouge dévoilé en novembre 2017 promettait quatre places dans une carrosserie de coupé particulièrement basse. Cette nouvelle génération adopte une configuration beaucoup plus radicale, avec seulement deux sièges et un habitacle davantage orienté vers la conduite sportive.

Tesla roadster

Les lignes sont anguleuses, les portes s'ouvrent vers le haut et l'arrière accueille un imposant ensemble aérodynamique. Un aileron escamotable complète le dispositif.

Sous la carrosserie, Tesla utilise une architecture avec batterie intégrée au plancher et deux moteurs électriques disposés à l'arrière. Les cellules de batterie seraient au format cylindrique 4680, déjà utilisé par le constructeur sur d'autres véhicules.

À bord, on retrouve un volant de type Yoke, un écran central tourné vers le conducteur et des sièges très enveloppants. La direction et les freins reposent sur des commandes électroniques, sans liaison mécanique conventionnelle pour les principales commandes.

Tesla roadster intérieur

Tesla n'a cependant pas encore communiqué une fiche technique complète et définitive. La capacité exacte de la batterie et les performances de recharge restent notamment à préciser.

L'autonomie annoncée dépasse 480 km, sans cycle d'homologation clairement établi. Un chiffre nettement moins ambitieux que les 1 000 km promis avec le concept de 2017. Le changement de philosophie est évident : le nouveau Roadster privilégie les performances extrêmes plutôt que la capacité à parcourir de très longues distances.

Un retour impressionnant, mais toujours pas de production

Il ne faut pas oublier l'histoire de cette Roadster.

Présentée en 2017, sa deuxième génération devait initialement être commercialisée dès 2020. Tesla avait alors promis une voiture capable de battre presque tous les records de performance, avec une autonomie exceptionnelle.

Mais les années ont passé. Tesla s'est concentré sur la Model 3, puis sur le développement de ses autres véhicules. La Roadster a accumulé les reports, jusqu'à devenir l'un des projets les plus attendus et les plus moqués du constructeur.

Cette nouvelle présentation change la donne. Tesla a montré des technologies bien réelles, avec une démonstration qui restera probablement dans les mémoires. Reste maintenant à transformer ce laboratoire roulant en produit commercialisable.

Elon Musk annonce une production à partir de 2028. Une échéance qui placerait les premières voitures de série plus de dix ans après la présentation du concept initial.

Le défi est considérable, notamment pour les versions équipées de propulseurs. L'intégration de réservoirs à très haute pression, les contraintes de sécurité et les questions d'homologation compliquent forcément le passage à la production.

Quel prix pour le nouveau Tesla Roadster ?

Tesla n'a annoncé aucun tarif définitif pendant la présentation.

En 2017, le constructeur évoquait un prix de départ de 200 000 dollars. Neuf ans plus tard, avec une voiture entièrement repensée et des technologies bien plus complexes, ce montant ne constitue plus une référence fiable.

Les réservations donnent néanmoins une idée du positionnement. Tesla demande un dépôt de 50 000 dollars pour la Roadster Performance et de 250 000 dollars pour la Thrust. Il s'agit bien de montants de réservation et non des prix des véhicules.

La Rocket sera réservée à des clients sélectionnés par Tesla. Aucun tarif ni calendrier commercial précis n'a été communiqué pour la France.

La Roadster reste avant tout une voiture vitrine, destinée à montrer ce que les ingénieurs de Tesla et SpaceX sont capables de réaliser. Avec sa démonstration texane, Elon Musk a réussi à remettre le projet sous les projecteurs.

Il reste désormais à répondre à une question beaucoup moins spectaculaire : en 2028, pourra-t-on réellement acheter et conduire la Roadster présenté cette nuit ?